Candidat de quartier ou candidat pour Vernier?
Hier soir au conseil municipal, il fallait en effet être bien zen pour écouter sans broncher les tirades “écologistes” du candidat PDC au Conseil administratif, Yves Magnin.
Deux doigts de contexte
Fin de séance, nous abordons le dernier point de l’ordre du jour: le Plan directeur communal de Vernier. Les orateurs félicitent les différents acteurs (Urbaplan, la commission …) de l’excellent travail fourni. Un hommage particulier est rendu à Nicolas Roll, président de la commission Aménagement du territoire, membre des Verts et un des rares gentlemen de cet émicycle. De plus, il a choisi de le quitter fin décembre ce qui m’a permis d’y siéger avant les élections. Merci encore Nicolas.
Tout paraissait donc “rouler”.
L’amendement surprise
Puis Yves Magnin prend la parole et propose un amendement au Plan Directeur. Sans rentrer dans les détails techniques, sa proposition se résume ainsi: la Bourdonnette, terrain sympathique et vierge de construction de la presqu’île d’Aïre, pourrait être densifié jusqu’à hauteur de 0.6, lui, Magnin, ne souhaite qu’un taux de 0.4 rien de plus.
Divergence de méthode pas d’objectif
Son raisonnement: une trop grande densification nuirait à la qualité de vie des habitants (bravo! un vrai argumentaire d’écolo). Là pour moi il y a déjà un léger problème. Non pas sur le principe mais sur la méthode. En effet, densifier ou non n’est pas le problème central, l’important est de savoir comment le faire et avec quels critères de qualité il est possible de construire. Ainsi, un projet basé sur les principes du développement durable (écoquartier) et dont l’insertion dans l’environnement urbain est réfléchie en fonction du quartier où il se trouve ne devrait pas être disqualifié par une norme rigide de densification (p.ex les 0.4 de Monsieur Magnin). A contrario, un mauvais projet comme en 1999 (villa HLM, bétonnage maximum) mais présentant un taux de densification de 0.4 n’est pas acceptable non plus. L’important ne réside pas dans le taux de densité, mais dans la qualité et l’intégration d’un projet précis dans un cadre donné (implantation et gabarit des batiments, dévestiture, etc). Il est donc temps de changer de paradigme concernant les constructions et de cesser de penser “grand” ou “petit”, il est désormais impératif de penser qualité des projets.
Mais il y a un hic
Pour Yves Magnin ce soucis de la qualité de vie, hormis la différence méthodologique que je viens d’indiquer, à des limites…
économiques ? non,
pratiques? non plus,
Dans son exposé il le dit clairement, ne densifions pas Aïre, ce quartier souffre déjà de quelques nuisances (un Cycle d’orientation!, une STEP et quelques roulottes) de plus y habitant, il y est profondément attaché. Ainsi découvre-t-on avec stupéfaction que les limites de son raisonnement sont en fait géographiques! Car la qualité de vie des habitants des autres quartiers (ceux proches de Balexert, ou du futur IKEA) ne remue pas autant l’énergie du bouillant municipal de la presqu’île. Et oui les principes écolo d’Yves Magnin ne sont en fait valables que pour certains… ceux qui habitent dans son quartier. Les autres n’ont pas besoin que l’on se batte pour préserver leur qualité de vie. Voyons, ils sont tellement loin d’Aïre! et c’est tellement moche là où ils habitent!
Pour moi et chez les Verts en général, une valeur s’applique pour tous. Insérer intelligemment un projet d’urbanisme est une exigence valable pour chacun de nos quartiers et pas seulement ceux qui sont en zone villa.
Vernier est une ville, vivante de tous ces quartiers, et mon exigence en m’engageant dans la politique communal n’est pas de faire plaisir à mon quartier mais de défendre ma commune d’un bout à l’autre contre chaque nuisance.


6 avril 2007 à 17:28
C’est stupéfiant de considérer les roulottes ou le Cycle comme des nuisances ! Je suis certain que les adolescentes et adolescent du village, qui doivent prendre le bus, apprécieraient d’en avoir un aussi proche … et que M. Magnin aussi, lorsque ses enfants seront en age d’y aller : une école à deux minutes de chez soi, le rêve !
Mais surtout, le plan en question est un plan directeur communal. Pour qu’il aie force obligatoire pour les autorités (cantonales et communales), il doit être approuvé par le Conseil d’état. Pensez-vous que le Conseil d’état approuverai le plan directeur communal, si il prévoit un indice d’utilisation du sol de 0,4 sur une aussi grande parcelle appartenant à l’Etat ?
Cela est d’autant plus vrai que le plan directeur cantonal prévoit, pour la parcelle de la Bourdonnette, une densification de la zone villa par modification de zone (voir etat.geneve.ch/sadconsult… En d’autre terme, un plan directeur communal prévoyant du 0,4 ne pourrait pas être approuvé.
Mieux vaut prévoir une limite à 0,6 et veiller à la qualité du projet, que de ne pas avoir de limite.
M. Magnin, en faisant une telle proposition, ne fait que de l’électoralisme, car il sait que ce qu’il demande est impossible à obtenir .