Election complémentaire à Vernier: débat entre Verts et PS
Ne nous le cachons pas, pour le Vert que je suis, il y a quelque chose de vraiment surprenant à soutenir un candidat Libéral plutôt que celui de nos alliers du PS. Cette démarche ne se fait pas sans débat interne ou externe et certains membres de l’Entente croient voir l’occasion rêvée de casser l’Alternative majoritaire en sièges à Vernier, on peut toujours rêver! Voici ci-dessous un échange d’arguments entre Christian Brunier PS et Alain Gaumann des Verts sur ce soutien atypique, à suivre …
Christian Brunier:
Les Verts gagnent lorsqu’ils jouent l’union de la gauche Les Verts de Vernier affichent sur la première page de leur site Web la photo du libéral Pierre Ronget, candidat à l’élection partielle au Conseil administratif de cette ville. Leur volonté, clairement affichée, est de faire barrage à la candidature du populiste du MCG Thierry Cerutti, suite à l’invalidation de son élection pour cause d’irrégularités. Les Verts considèrent que Pierre Ronget est un meilleur rempart contre la démagogie que la candidature du socialiste Alain Charbonnier. Ils font de très mauvais calculs.
Un simple calcul mathématique
Le premier est purement mathématique. Aux dernières élections municipales, le PS a remporté 31,62 % alors que le Parti libéral, second parti de la commune, n’obtenait que 12,04 %. Depuis des lustres, les socialistes sont le grand parti de Vernier, recueillant toujours plus du double des voix que les autres partis. Si les Verts veulent réellement faire barrage au Mouvement des citoyens genevois, c’est bien sur une candidature PS qu’ils doivent s’appuyer et non pas sur une formation ayant un levier politique relativement restreint.
Au Conseil administratif, il faut se souvenir que le socialiste Thierry Apothéloz a remporté l’élection avec 3′316 voix, tandis que le Vert Yvan Rochat le suivait avec 2′971 suffrages. Les autres candidatures, contraintes à un second tour, se situaient entre 473 et 1909 voix (pour le libéral pourtant Conseil administratif sortant).
Les Verts devraient aussi se souvenir que leur candidat Yvan Rochat – qui est désormais un excellent Conseiller administratif – a obtenu, pour être élu, 734 voix provenant des électrices et électeurs vert-e-s. Parallèlement les votants socialistes lui ont apporté 1′556 suffrages, soit plus du double des apports directs de son parti. Pendant ce temps, les libéraux n’ont accordé à Yvan que 13 maigres suffrages.
Le fait que le nom d’Yvan Rochat ait figuré sur le bulletin socialiste lors de cette élection a été déterminant pour sa victoire, comme le prouve les chiffres.
Une position d’idéal politique
Au-delà des chiffres, les Verts doivent concevoir leurs alliances sur des bases de convergences de programmes politiques.
Les Verts et le PS ont un programme qui doit se recouper à près de 90 %. Lors des votes municipaux, cantonaux et fédéraux, là aussi, cette concordance s’illustre clairement.
Sur la base de ces idéaux communs, tant le PS que les Verts progressent lorsqu’ils recherchent l’unité et les synergies.
Quels points communs, peuvent trouver les Verts verniolans avec les Libéraux ? Comment peuvent-ils accorder à un soutien à un parti qui est en train de négocier des fiançailles politiques avec l’UDC blochérienne ?
Naturellement, comme le disent certains Verts, le libéral Pierre Ronget est un homme cultivé et courtois. Mais une alliance politique se construit sur un programme politique et non pas sur quelques liens de sympathies personnelles.
Votez Charbonnier !
Etant un enfant de la commune de Vernier et ayant débuté ma vie politique dans cette municipalité, je pense bien connaître l’électorat verniolan. Il est évident que les citoyennes et citoyens majoritairement à gauche n’iront pas voter libéral, même pour faire barrage au MCG.
La solution est de soutenir Alain Charbonnier qui est un homme de conviction, ayant une importante expérience politique, étant mobilisé sur toute une série de thèmes essentiels pour l’avenir de la population de Vernier. Alain est une chance pour Vernier, socialement et durablement !
Alain Gaumann:
Vouloir un CA monocolore, c’est précisément en vouloir trop, par rapport à ce que les trois partis de l’alternative avaient convenu ensemble en 2007, comme cela ressort de la déclaration commune signée à l’époque et ce que certains ténors du PS pensent aussi, à lire le bulletin interne, mais en ligne, de ce parti.
Vouloir un CA monocolore, c’est prendre le grand risque de perdre la majorité dans 3 ans, surtout si l’on se rappelle que le CM, lui, n’est de loin pas vraiment pas monocolore.
Vouloir un CA monocolore, ce n’est pas mener une politique durable, mais avoir une vue à très court terme.
Admettre que toutes les grandes tendances de la commune - soit l’Entente et l’Alternative - doivent être aussi bien représentées au CA qu’au CM, est un acte citoyen et adulte, c’est ne pas adopter le comportement très critiquable de l’entente dans d’autres communes, c’est éviter le péché d’orgueil, c’est respecter l’altérité … et, surtout, cela aurait diminué le risque de voir le populisme passer.
Il est fort dommage que le PS de Vernier ne soit pas venu discuter avec ses partenaires de l’Alternative avant de décider du principe d’une candidature.
Le ton même de ce billet procède du même état d’esprit, et pas de l’écoute de l’autre. Il faut tout de même se rappeler que, si il y a le plus souvent convergence entre les membres de l’alternative, il y a aussi parfois des divergences et qu’il appartient à ses membres de gérer cela au mieux, sans discours paternaliste et dans le respect de l’autre.

