Une présidence pour quoi faire? suite

Article publié par Yvan Rochat, le 7 février 2010

Ci-dessous l’article et l’entretien avec la TG concernant ma candidature, excellente lecture!

Comme d’autres partis, les Verts profiteront de cette année dépourvue d’échéance électorale pour renouveler leur présidence. Pour l’heure, on ne se presse guère au portillon pour prendre la succession d’Anne Mahrer lors du congrès du parti, agendé le 27 mars. Un homme vient pourtant de se porter officiellement candidat: le conseiller administratif de Vernier Yvan Rochat.

Vous êtes un homme. N’est-ce pas un défaut rédhibitoire pour présider un parti féministe?
Mais non! Antonio Hodgers a été président avant qu’Anne Mahrer ne dirige le parti de 2008 à 2010. Il y a alternance. Je n’ai pas l’impression de favoriser un monopole masculin en me lançant.

Vous dites vouloir une «consolidation organisationnelle» du parti. Est-ce le chenil maintenant?
Non, il s’agit de poursuivre un travail que le parti a démarré il y a plusieurs années alors qu’il enregistrait une importante croissance. Nous avons des élus et des représentants dans divers organes, commissions extraparlementaires ou conseils d’administration. Ils y développent des savoirs qu’il faut mieux mettre en réseau au sein du parti car ils peuvent y jouer un rôle formateur pour tous. La transmission de l’information doit être l’objet d’une culture, d’une rigueur qui nous manquent encore.

Le prochain enjeu, c’est les élections municipales de 2011. Or, vous serez candidat à Vernier. N’est-ce pas gênant?
C’est un défi. Mais il arrive aussi que le parti soit présidé par un député durant les élections cantonales. Les sections communales en campagne trouveront en moi une compréhension de leurs besoins.

Le gros morceau, ce sera la Ville de Genève où votre magistrat Patrice Mugny est sur le départ…
C’est un enjeu important. Mais notre section Ville est bien outillée. Elle a plusieurs candidats potentiels et un agenda pour établir un programme et une sélection. Elle saura donc mettre en place un processus vertueux pour remplacer Patrice Mugny, voire conquérir un deuxième siège à l’Exécutif.

Ce qui accentuerait votre rivalité avec le Parti socialiste…
C’est gérable si les règles sont claires. En 2007, il avait été décidé que le parti qui arriverait premier au Conseil municipal pourrait lancer deux candidats, l’autre pas. Et c’est nous qui avons dû céder, ce qui s’est fait sans psychodrame. Il faudra aussi voir si A gauche toute! atteint le quorum…

Comment contrer le MCG?
Le premier but est de faire progresser les Verts. Cela nécessite en tout temps une forte présence dans la vie quotidienne, associative et festive. Et pas seulement avant les élections. Là où les résultats montrent que le MCG a de très fortes chances d’accéder à l’Exécutif, nous devons envisager d’élargir nos alliances traditionnelles, au-delà de la seule gauche, pour créer un barrage républicain.

En 2011, il y aura aussi les élections fédérales. Vous avez trois sortants, tous mâles, malgré vos règles internes de parité!
Aux Etats, nous n’avions qu’un candidat (Robert Cramer). On ne peut pas être paritaire avec un seul prétendant. Pour le Conseil national, notre liste était parfaitement paritaire, mais les citoyens en ont décidé autrement en élisant Ueli Leuenberger et Antonio Hodgers. Tous deux jouissaient déjà d’une certaine notoriété qui les a aidés. A nous de convaincre des femmes qui ont cette visibilité et cette expérience, mais c’est un processus, cela ne se fait pas en un jour.

Vous n’avez pas de mandat cantonal. N’est-ce pas un handicap pour votre candidature?
Je me suis posé la question. Mais un président ne travaille pas seul. Le chef du groupe parlementaire siège au sein du comité. Je m’engage à travailler en contact étroit avec la députation.

 

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Pro de la politique

Yvan Rochat, 42 ans, est pour l’heure le seul candidat déclaré à la présidence des Verts genevois. Si on ne lui connaît pas de rival, d’autres papables peuvent encore se déclarer jusqu’à début mars. Le Verniolan envisage donc de devenir un véritable politicien professionnel. Il en est déjà presque un, n’exerçant plus d’activité lucrative autre que son mandat à l’Exécutif de Vernier. C’est au printemps 2007 qu’il est devenu le premier Vert à siéger dans le Conseil administratif de la deuxième ville du canton (33 000 habitants). Entre autres dicastères, il s’y occupe des questions d’aménagement, de mobilité et de développement durable. Un mandat qui, sur le papier, correspond à un mi-temps, mais auquel il se consacre dans les faits «à 80%».

La présidence d’un parti n’est pas une sinécure. «On sait que c’est beaucoup de travail, et on n’est pas déçu», résume la présidente sortante Anne
Mahrer, qui nuance: «Cela dépend des périodes et aussi du temps qu’on veut bien y consacrer soi-même. Pour ma part, cela a été un gros investissement, surtout en période électorale.»

Avant d’être élu à Vernier, Yvan Rochat était formateur pour adultes. Professionnellement, ce politologue a surtout œuvré pour l’intégration des migrants. Il enseigne toujours, comme bénévole, à l’Université ouvrière de Genève.

 

2 commentaires pour “Une présidence pour quoi faire? suite”

  1. Dall'Aglio aArée dit :

    Je rappelle que les socialistes ne sont pas des rivaux, mais nos ami-e-s et nos partenaires au sein de l’Alternative. A Vernier cela a été précieux et l’est encore! CQFD!

  2. Clint Harrell dit :

    If only more than 34 people could read this..

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